DU 16 JUILLET AU 14 AOÛT 2021

Festival d'été Les Arts par Nature

Edition 2 : A Table ! Chez Bacchus et Dionysos : fêtes et festins – le bien boire et le bien manger

SOUS LE HAUT MARRAINAGE DE NATACHA POLONY, PRESIDENTE DE L’INSTITUT DU GOUT

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Plus de 50 rendez-vous, entre Sciences et Arts, déclinés autour du goût et de la gastronomie, des fêtes et festins, du bien boire et du bien manger, pour petits et grands, se tiendront sur le site du domaine Prieure la Chaume à Vix (Sud Vendée) entre le 16 juillet et le 14 août 2021. Artistes et musiciens, gastronomes, agriculteurs et chefs étoilés, … ont conjugué leurs passions et leurs talents pour vous embarquer dans leurs univers et vous faire vivre des expériences effervescentes, entre Nature, Culture et Biodiversité !

Natacha Polony, une femme de tête, de cœur et de défis

On ne présente plus Natacha Polony : enseignante, journaliste, chroniqueuse, essayiste, femme de lettres et de médias spécialisée dans les questions éducatives et sociétales, … elle cumule les libertés et les honneurs. Qui s’intéresse aux débats d’idées sur les grands enjeux contemporains aura croisé sa route et salué son franc-parler et sa flamboyance. 

Boulimique ?  Natacha Polony ? Le goût, à tout le moins et ses déclinaisons, environnementales, sociales, physiologiques, esthétiques, … composent son royaume. Dans le sillon de l’héritage laissé par Jacques Puisais, elle règne en souveraine sur la destinée des Classes du Goût, pour fixer dans le palais des jeunes générations les saveurs d’un monde qu’ils devront d’abord nommer avant de s’y ancrer. Car les variations sensibles et les palettes émotionnelles du goût, par la prose des poètes fixent, ancrent et relient les corps à leurs origines, à leurs terroirs, à leurs identités et à leurs mythes. Natacha Polony le sait, en grande prêtresse enchanteresse et veille sur cette transmission, comme Circé sur ses bêtes, leur laissant le choix de rester fauves ou de redevenir des Hommes libres et émancipés. 

Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es et dans quel monde tu vis. 

La résistance dans le pot-au-feu ? (****) Dans l’éco-gastronomie, pour ne pas dire l’homo-gastronomie, réside l’avenir de l’humanité, sur le théâtre d’un monde qui se lit par ses choix culinaires, transmissibles de générations en générations, des villes à la campagne, de territoires en terroirs ; où l’art d’entrer de pères en filles et de mères en fils dans le monde par la bouche ! 

(***) pour évoquer le titre d’un article qu’elle signe dans A Boire et à manger dirigé par Roger Feuilly et Périco Légasse.(Editions Labor 2006)

Une édition en hommage à Jacques Puisais

Philosophe, œnologue, chimiste, docteur en biologie, nul terroir dans l’hexagone n’avait de secrets pour lui. Était-il né dans une barrique ? Bacchus et Dionysos assurément se sont penchés sur son berceau. On se prend d’ailleurs à rêver qu’il trinque aujourd’hui à leurs côtés, regardant vers la terre se débattre et se dépatouiller tous ceux, pauvres mortels, dont il a ouvert la langue et l’esprit. Divin gastronome, nous lui rendons hommage.

Fondateur des Classes du Goût et de l’Institut du Goût, Jacques Puisais a passé sa vie à nous convaincre que les aliments ont des choses à nous dire et qu’il faut apprendre à leur tendre l’oreille. 

Le nez partout et le verbe haut, il nommait chaque sensation pour les ancrer dans l’univers et le cycle du vivant, en résonance avec les terroirs, les gestes, le temps et les mémoires. « Arôme de feuilles mortes. Oui. Mais sans humus ». Le vin était son terrain de jeu de prédilection, jeu de notes en accord avec les mets, sublimant les aliments bruts, sans désordre, en harmonie. 

Mentor de nombreux talents révélés sur la scène du bien boire et du bien manger, Jacques disait que les vins justes devaient avoir « la gueule de l’endroit et les tripes du bonhomme ». Les bonnes femmes aussi s’octroient aujourd’hui cette reconnaissance du ventre, question de générations….

Un nouveau récit du monde s’écrit sous la plume des agriculteurs, des vigneronnes et vignerons, qui révèlent, dans la lumière particulière des terroirs, le plaisir unique des jouisseurs. 

De chais en vignobles, Jacques Puisais a construit sa route et ouvert la voie. 

De vignobles en théâtres nous irons, dire et souffler aux vents la bonne parole, sans dogmatisme, par le verbe et l’émotion, pour chanter le goût à la gloire de Bacchus et Dionysos et du chatoiement du monde.

ÉDITO

A table ! Chez Bacchus et Dionysos : fêtes et festins – Le bien boire et le bien manger

Dieu de la vigne et du vin, fils de la Terre-Mère, dieu de la fête et de la démesure, ses festivités orphiques et ses fastes orgiaques, ferments du théâtre et de la tragédie, sont liés aux cycles des saisons et au retour du printemps. Le vin et la chair crue composent son royaume et les ivresses qu’ils procurent, ses attributs. Il est le dieu de tous les sucs vitaux. 

L’esprit de Dionysos et d’Orphée souffle sur le terroir du domaine Prieure la Chaume. 

Artistes et gastronomes les célèbrent depuis la nuit des temps. Les airs de cour avant l’opérette et l’opérette avant l’opéra ont célébré les airs à boire et la gastronomie et s’y sont fait une place de choix sous la plume d’Hervé, Lecocq, Offenbach et Rossini. Tous ont chanté la gourmandise et les génies qui ont fait l’histoire de la table, de Vatel et Carême à Brillant Savarin, en s’enivrant de spiritueux raffinés et de jeux de mots truculents. 

C’est dans la lignée de cet héritage, l’esprit libre, que nous faisons naître, dans le giron de l’été, l’édition 2 de notre festival en hommage au Grand Siècle, avant celui des Lumières, quand les arts de la table soulevaient les empires et les derniers soupirs nés de la délicatesse française : le retour aux valeurs authentiques et aux équilibres, sans artifices. De ces Lumières naissantes étincelaient les premiers restaurants et avec eux de nouvelles méditations gastronomiques, bachiques et épicuriennes. 

Entre musique, poésie et arts de la table, entre accords et désaccords, alliance et harmonie : bienvenue à la table de Bacchus et Dionysos où le vin toujours guérit la tristesse et la claustration délie. 

Sylvie Saint-Cyr

Conception artistique

L’Univers n’est rien que par la vie, et tout ce qui vit se nourrit. 

Jean Anthelme Brillat-Savarin.